L’utilisation des verrières dans l’histoire

Orangerie et Serres

Une définition ancienne dit que les orangeries ou serres sont des lieux couvert où pendant l’hiver on serre les orangers, les jasmins, et autres arbres ou plantes qui ont le plus besoin d’être à couvert de la gelée.

Les serres sont les 1ers ouvrages intégralement recouverts de verre. Elles ont dans un premier temps une vocation scientifique avec l’apparition des jardins botaniques. La serre forme une bulle de verre, où règne un micro climat capable de créer un espace tempéré pour les développements d’espèces végétales importées des pays plus chauds.
A partir du XVIIème, les châteaux et grandes propriétés en sont pourvus mais ce n’est qu’au XVIIIème siècle qu’elles perdent leur aspect utilitaire pour devenir des lieux de socialisation. Au XIXème siècle, avec les développements techniques, les parties vitrées prennent de l’ampleur et se courbent pour former des dômes, l’acier permet la construction de structures fines et légères. Les serres constituent alors un réel champ technique opératoire dans la conception couplée du verre et de l’acier pour réaliser des ouvrages favorisant un maximum d’éclairage naturel. La fabrication des serres reste néanmoins dans le domaine de la serrurerie (terme avec lequel il partage, c’est un hasard, la racine serre, de serare, « fermer »), bien que la fabrication des profilés métalliques se soit déplacer de l’atelier et du travail du forgeron vers les ateliers et le travail à la chaîne des usines sidérurgiques.

L’apogée de la serre arrive avec la création de grandes serres publiques comme Le Crystal Palace de Londres présenté à l’exposition universelle de 1851.Il est l’œuvre de Joseph Paxton, paysagiste et jardinier et le point de départ d’une architecture de verre, que l’on retrouvera dans de nombreux édifices. De gigantesques verrières ornent les gares parisiennes, les Halles centrales… Le Grand Palais à Paris construit pour l’exposition de 1900, possède de magnifiques verrières habillées par l’entreprise Saint Gobain.
Les serres d’agrément se sont alors multipliées après le succès architectural remporté par le Crystal Palace. Aménagées en jardins d’hiver, elles deviennent des annexes aux riches villas de type victorien.
Puis vient l’essor des vérandas vitrées à l’époque moderne coïncidant avec l’apparition de matériaux plus résistants à la corrosion, du vitrage isolant et de la climatisation automatisée. Le plus souvent attenantes aux habitations, ce sont alors de véritables pièces à vivre supplémentaires.

Passages parisiens, grands magasins, ateliers d’artistes

Nés au tout début du dix-neuvième siècle à Paris, les passages couverts ont proliféré dans toute l’Europe, des années 1820 aux années 1850. Ils présentaient une série de prouesses architecturales, comme la construction en acier et en verre nécessaires à l’édification de leur élément fondamental, la verrière. Cette verrière de toit permettait de donner à ces passages un éclairage zénithal leur donnant une lumière particulière. Il faut se rappeler qu’à l’époque, il n’y avait pas l’électricité et les magasins, pour être éclairés –même peu-, devaient être en bord de rue. L’électricité apparaîtra dans les passages parisiens à la fin de 1870, alors que l’éclairage dans les lieux publics ne se développera que vers 1877.
Ces passages couverts formant des galeries percées au travers de l’immeuble ou construites en même temps qu’eux drainaient une clientèle aisée heureuse d’être protégée des intempéries.
Cette mode des galeries marchandes s’achève toutefois au milieu du siècle quand les premiers grands magasins se développent. Leur architecture suit l’exemple des passages couverts inaugurés un demi-siècle plus tôt. Le fer et le verre permettent de couvrir un vaste hall d’une verrière, d’établir de vastes vitrines, de réduire l’encombrement des points d’appui nécessités par plusieurs étages de galeries, de garantir le bâtiment contre les risques d’incendie.
Ces modèles d’architecture permettent ainsi de jouir d’une véritable lumière naturelle, rendant les courses agréables aux clients

Cette lumière naturelle, si cruciale et chère aux artistes se retrouve également dans les ateliers d’artistes, nombreux au XIXème siècle. Ces ateliers avec une belle hauteur de plafond, dotés de verrières permettent à la lumière naturelle d’inonder le lieu et de palier à l’absence de lumière artificielle.

Aujourd’hui, ces architectures d’acier et de verre, témoins des grandes constructions du second empire donnent aux villes un aspect intemporel.
Il subsiste  à Paris une quinzaine de passages où vous pouvez flâner en admirant ces prouesses architecturales d’un autre temps baignées par la lumière zénithale des verrières.
Comment également ne pas admirer la somptueuse verrière du Printemps, celles du Grand Palais, du Musée d’histoire naturelle ou les verrières des ateliers d’artistes, petits joyaux préservés au cœur d Paris.
Fort de ce passé, la pérennité les verrières semble assuré. La gare de Lyon a inauguré en 2013, la réfection et l’extension de la verrière du hall 2 d’attente. La façade de la Gare de Strasbourg en 2007 s’est embellie d’une verrière en forme curviligne………

Pourquoi un tel engouement pour les verrières ?